Bien que peu communs en France, les agents littéraires sont monnaie courante aux États-Unis par exemple.

S’il s’agit d’un métier que vous ne connaissez pas du tout, vous trouverez sur la toile de multiples articles et des dossiers complets sur le sujet.

L'agent littéraire est au service de l'auteur, mais surtout au service de son manuscrit. Son objectif majeur est de donner vie à un manuscrit auquel il croit, en utilisant sa capacité d’analyse, son réseau, sa compétence pour négocier et sa force de conviction.

 

L' agent littéraire maitrise les codes des maisons d'édition, a généralement une solide formation de correcteur-lecteur et de critique littéraire. Toujours aux côtés de l'auteur, il va lui donner des pistes et voies de travail pour :

Corriger un manuscrit (syntaxe, orthographe, concordance des temps, mise en page, incohérences…)

Retravailler un manuscrit (passages tunnels ou à exploiter, consistance des personnages, intérêt de l’intrigue, rythme de l’écriture)

Trouver un éditeur au manuscrit. Et sur cet aspect l’agent se doit d’être honnête : il ne peut pas présenter un manuscrit auquel il ne croit pas. C’est pour cela que l’auteur et l’agent doivent mutuellement se choisir : c’est une relation de business certes, mais aussi et surtout de confiance.

 

Évidemment, il n’y a pas d’agent parfait. Un agent peut refuser un manuscrit qui est pourtant une perle, tandis que d’autres représenteront des manuscrits perçus par certains comme insignifiants. Nous entrons-là dans un monde subjectif. Néanmoins, un agent consciencieux sait si tel manuscrit peut concerner telle maison.

 

Il me tient à cœur de préciser la différence entre agent littéraire et conseil littéraire. Un conseil littéraire vous donnera des pistes de travail et des noms d’éditeurs, mais ne se mouillera pas pour votre manuscrit. Ce n’est pas lui qui le représentera et en portera – avec vous bien sûr – le poids. De fait, son implication est nécessairement plus réduite et les conseils seront différents. Vous ne formez pas un duo avec votre conseil littéraire, alors que vous devez avoir une réelle affinité avec votre agent. Cette distinction est essentielle et vous devez vous questionner sur ce que vous cherchez sincèrement. Un agent sera toujours plus exigeant sur votre manuscrit qu’un conseil. C’est parfois ennuyeux mais souvent utile. Mais pour cela, il faut être prêt à revoir son manuscrit sous un autre œil. C’est donc une décision très personnelle.

 

Au final, la fonction d'agent peut paraître proche d'une fonction d'éditeur, et il est vrai qu’il y a des fortes similarités. Les éditeurs d’ailleurs n’apprécient pas toujours les agents : ceux-ci coûtent cher aux maisons et travaillent de façon qualitative avec les auteurs, laissant finalement aux éditeurs la tâche d’investisseur. En revanche, les éditeurs ont du respect pour certains agents qui œuvrent véritablement pour une littérature plus aboutie, permettant ainsi des mises en relation entre des manuscrits franchement prometteurs et des lignes éditoriales probantes.

Un bon agent travaille dans l’intérêt du manuscrit avant tout. Certes, cela sert les intérêts des auteurs – et heureusement ! -, mais également les intérêts des éditeurs en leur faisant gagner du temps sur la recherche de manuscrits.

A titre personnel, j’affectionne les auteur-e-s avec lesquels je travaille, mais cela n’a aucun sens si je n’aime pas avant tout le manuscrit que je représente !